Un golf zéro-phyto, c’est possible. La preuve en image au château du Bois-guy

06 - 11 - 2020

Le par 3 du 9, trou signature du parcours

Certes l’affaire n’est pas simple, mais Michael et Mathias ont mis beaucoup d’atouts de leur côté pour se donner la chance de la réussite. Ils ont d’abord créé un environnement naturellement sain pour leur parcours. Une station de phyto-épuration des eaux usées leur permet de ne rien rejeter de dommageable sur le domaine. Le long des trous 4, 5, 6 et 7 plus de 2000 arbres ont été plantées. Des arbres fruitiers qui avec les serres et les zones de permaculture, produisent cinquante pour cent de la consommation de l’hôtel et du restaurant. Entre les fairways des trous 6 et 7, ils ont créé une zone humide.

Pour la réalisation du tracé, ils ont fait appel à Dimitri Van Hauwaert un architecte Danois, spécialiste des golfs durables comme il s’en fait beaucoup dans les pays nordiques très attachés à l’écologie. « Originaire du Danemark, je suis culturellement impliqué dans le respect de la nature car chez nous c’est un mode de vie. Tout d’abord, il faut dire que nous avons la chance d’avoir une bonne terre et un climat favorable. Nous avions fait beaucoup d’études de sol préalables et, rien n’a été creusé car on enlève la terre végétale en creusant. C’est l’erreur classique car les golfs ou l’on a décapé le terrain ont beaucoup de mal à prendre. Nous avons dû apporter du sable beaucoup de sable, et de la bonne terre. Ça a un coût qui se retrouve ensuite ». Précise Michael.

Michaël et Mathias, les auteurs du projet

Pour la conception, comme pour l’entretien depuis la création, l’équipe du Bois-Guy ne travaille pas seule. Elle a fait appel à la société manchoise TSE qui collabore avec des spécialistes reconnus comme Stéphane Rouen, l’ancien green keeper de Granville et Sébastien Delaunay pour la partie bio. Aujourd’hui, c’est TSE qui gère l’entretien au quotidien.

Bien sûr, un golf durable coûte plus cher en main-d’œuvre car beaucoup d’opérations mécaniques doivent remplacer les actions chimiques mais les dépenses en produits divers sont moins importantes, cela compense. Et puis, mieux vaut générer un salaire de plus pour un jardinier qui vit avec sa famille dans les environs qu’alimenter les portefeuilles d’actionnaires inconnus et richissimes vivant à l’autre bout de la planète des grandes entreprises de produits chimique.

Légitiment heureux de la qualité de son parcours malgré ce challenge difficile, Michael reste lucide. Il sait compter, c’est un entrepreneur né et il ne s’en cache pas. « Sans cette terre de qualité, sans la permaculture, sans la zone humide créée entre les trous 6 et 7, et sans toute une réflexion et beaucoup de moyens investis, cela n’aurait pas été possible. Et, malgré tout, nous ne sommes pas à l’abri d’attaques de maladies comme les collègues. Mais nous sommes préparés et nous les traiterons avec des produits organiques. Nous travaillons dans le domaine du vivant et c’est une aventure permanente. Nous sommes très impliqués mais ne sommes pas intégristes. Économie doit rimer avec écologie. Écologie oui, mais si cela ne s’avérait pas viable économiquement, cela n’aurait aucun sens ».

Les gardiennes du putting green

C’est également le cas pour les panneaux photovoltaïques. Ils en ont installé sur toute la surface du toit des stalles de practice et sur celle des places couvertes du parking. C’est actuellement en test. Ce type de capteur fonctionne, on le sait depuis plusieurs décennies déjà, mais, précise Michael « Cela coûte très cher. C’est un gros investissement. Nous avons bon espoir, mais pas encore la certitude que ce sera rentable. Pour l’instant, nous sommes en période de test ».

Il va sans dire que cette belle entreprise a demandé beaucoup d’investissement (7 à 8 millions d’euros). Née il y a une dizaine d’année, elle fait travailler et vivre près d’une trentaine de personnes dans le bocage breton. Sa réussite économique, basée sur une importante clientèle étrangère, sur les réceptions, séminaires et mariages d’exception subit de plein fouet les difficultés liées à la crise sanitaire de cette terrible année mais Michael et Mathias ne sont pas du genre à baisser les bras au premier coup de Trafalgar.

 

« Nous avons fait revenir les libellules, les Abeilles et les hirondelles bleues juste pour ces raisons-là, je suis heureux et si c’était à refaire, je le referai ».

Michael Linhoff.

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