L’eau, c’est la vie

04 - 03 - 2016

L’écologie est le nouveau combat de notre époque. Un combat nécessaire et indispensable.  Mais, pour un combat, il faut des ennemis et les écologistes en cherchent tous azimuts. C’est ainsi que nous autres golfeurs, sommes parmi leurs cibles privilégiées. Mais, pourquoi tant de haine ?

Si d’aventure, au cours d’un dîner, vous étiez pris à parti par l’un de ces nouveaux chevaliers, vous aurez besoin d’arguments pour vous défendre et rétablir la vérité.

Alors dites-leur que les écologistes n’ont pas le monopole de l’amour de leurs enfants et petits-enfants. Ils ne sont pas les seuls à vouloir leur laisser une planète propre en héritage. Et, pour le cas où ils auraient encore des doutes, dites-leur bien que les produits chimiques, l’eau mal gérée et toutes ces gabegies écologiques, font bel et bien partie du passé. Et ceci pour une autre raison, imparable celle-ci : nous devons aujourd’hui gérer nos golfs au plus près financièrement, et n’avons plus les moyens de ces dépenses outrancières.

Nos habitudes ont beaucoup changé en matière de consommation d’eau sur les golfs. Jadis, on utilisait l’eau « du robinet »
sans compter. Mais avant de jeter la pierre aux golfs, il faut se souvenir qu’il en était de même dans toutes les entreprises, ainsi que dans les foyers. Qui n’a pas le souvenir d’un grand-père qui ouvrait tous les soirs d’été le robinet vers un système de rigoles baignant ses pieds de tomates jusqu’à plus soif ? Sans aller si loin, que les frileux (ses) qui se mouillent sous la douche et laissent couler inutilement des litres d’eau, chaude de surcroît, pendant qu’ils se savonnent, lèvent le doigt... Alors qu’il suffirait de couper l’eau pendant ce laps de temps pour faire d’énormes économies si l’on multiplie les quelques litres de chacun par le nombre de frileux de part le monde civilisé. Les exemples de gaspillage ne manquent pas. Mais, s’il y a un endroit où l’on fait aujourd’hui, très attention à l’eau, c’est bien dans les golfs.

Plus question d’utiliser l’eau du réseau. Trop cher ! On récupère les eaux de pluie et de ruissellement. On pompe après les stations d’épuration. Les architectes créent des bassins qui servent à stocker l’eau et rentrent parfois en jeu.

Pour le green keeper d’aujourd’hui, technicien de plus en plus formé et compétent, l’arrosage est une part importante du budget alloué à la gestion du terrain et les moyens techniques aident à la diminuer. Le challenge de l’homme de terrain est de toujours préserver la plante et ses racines en lui garantissant un minimum vital en eau. De nouvelles graminées moins consommatrices en eau font leur apparition.

Cela dit, il faut nous habituer à jouer sur des fairways de plus en plus jaunes et secs, voire sur des tertres de départ en synthétique.

De nos jours, les green keepers disposent de systèmes précis et performants, pilotés par des logiciels dédiés. Ils peuvent adapter l’arrosage afin de préserver les réserves en eau du sol en fonction des variétés d’herbes, de la saison, de la pluviométrie, de l’humidité, de leur situation géographique, etc.

L’arrosage maintenant entièrement automatique est informé par des appareils qui permettent de mesurer les précipitations, gérer les quantités (les sondes d’humidité), couper l’eau lorsqu’un certain débit est atteint (débitmètres), couper l’eau en cas de pluie.

Un golf peut même sous-traiter le management de l’arrosage pour qu’il soit géré à distance par la station météo la plus proche.

Les golfs qui s’équipent de ce genre de système, obtiennent facilement plus de 30% d’économie sur l’eau dès la première année. Plus encore en affinant les réglages avec l’expérience, en les ajustant plusieurs fois dans l’année. Un pourcentage important, tant d’un point de vue économique qu’écologique.

La gestion de l’eau en amont.

Pour les architectes, c’est aussi un aspect très important dans leur dossier de création. Pour exemple, la demande d’autorisation au titre des articles L. 214-1 à L. 214-6 du Code de l’environnement déposée par Yves Bureau pour le golf de Bressuire ne fait pas moins de 131 pages avec, en plus, une douzaine de plans en annexe. Tout y est étudié à la loupe, de la libre circulation des espèces aquatiques au transit des sédiments. Même les hauteurs des passerelles que nous emprunterons avec nos chariots sont calculées au centimètre près. On prévoit de gérer les incidences sur la qualité des eaux superficielles et souterraines, sur la ressource en eau, sur l’écoulement, sur les usages de l’eau et des milieux aquatiques, sur les milieux naturels, sur la santé, et la sécurité publique évidemment, ceci pour le projet.

Mais on étudie aussi afin de les annihiler, les risques de pollution des eaux en phase travaux. Les «fines» (particules de poussière terreuse) sont filtrées avec des bottes de pailles et récupérées afin qu’elles ne partent pas dans les eaux d’écoulement.

Une part importante du dossier est consacrée à la gestion des eaux usées, la gestion quantitative et qualitative des eaux pluviales. On prévoit aussi nombre de mesures compensatoires comme la restauration hydro-écologique d’un ruisseau ou le nettoyage d’un bras mort et la compensation «a minima» des surfaces éventuellement supprimées par la création d’au moins autant de surfaces équivalentes.

En conclusion, contrairement à ce que clament, souvent sans vraiment connaître le dossier, les adversaires par principe des golfs, l’eau y est véritablement respectée.

50 nuances d’engrais : les traitements.

Sur un golf d’environ 60 hectares (en moyenne), plus de 65 % de la surface n’est ni traitée, ni arrosée. Ce sont les sous-bois, les étangs et rivières, les bâtiments, tout ce qui compose le décor mais n’entre pas en jeu. Les greens qu’il faut impérativement préserver, ne représentent que un à deux hectares. Les tertres, rough et fairways font le reste de la surface et ne sont pas (ou peu) traités non plus, seulement parfois tondus ou nettoyés ….

Quant aux greens, ils le sont très peu, même si, ce n’est pas un secret, certains champignons sont redoutables pour nos tapis verts. La fusariose froide, pour ne citer qu’elle, crée des taches grises et brunes en creux, ce qui est dramatique pour la roule. Mais là encore, les intendants privilégient maintenant des actions mécaniques. Les greens sont carottés une fois par an (deux ce serait mieux mais gênant pour l’exploitation). On sait aussi que le fait de balayer la rosée du matin ralentit sérieusement la progression du champignon. Cette fusariose se développe en période froide et humide. La rosée est un liquide qui remonte du sol, il contient des éléments nourrissants pour le champignon. Des tests réalisés aux états-Unis sur plusieurs greens d’un même golf ont prouvé qu’entre les greens non balayés et ceux qui l’étaient avec différentes techniques, on trouve jusqu’à 30 % de moins de fusariose. Cette action mécanique a un coût en main d’œuvre, mais elle coûte encore plus cher en produits de traitement. Alors les gestionnaires n’hésitent plus à les privilégier. Ils n’ont recours qu’en dernière extrémité aux traitements et, précisons-le, toujours avec des produits autorisés à la vente, donc légaux, évidemment.

Voilà pourquoi un golf ne pollue pas son eau, ni son environnement d’ailleurs. Le golf de Toulouse-La-Ramée a procédé à des essais dont les résultats sont probants. L’eau est plus propre à la sortie qu’au versant.

En savoir plus sur l’eau avec la ffgolf, c’est possible. Notre Fédération est sensibilisée depuis longtemps au problème de l’eau et de l’environnement.  De nombreuses pages sont dédiées à l’eau et son utilisation sur le site de la ffgolf. N’hésitez pas, pour vous docuumenter à lire les rapports des commissions sur l’eau. Ou encore, les pdf de la charte «Golf et environnement»

ffgolf.org

Marc Petel, directeur du golf Le Mans/ 24 heures a étudié avec précision la consommation de l’eau de son parcours et réalisé une vidéo sur le sujet, visible sur le site de la ffgolf.

Blue Green, qui gère plus de 50 parcours en France, investit dans le drainage : (Nantes-Erdre, Pornic, etc...). L’entreprise a créé un collectif pour réfléchir à la question écologique et à l’eau, composé de plusieurs green keepers et de Baudouin le Metayer, directeur de Rhuys-Kerver, un golf construit en plein cœur d’une zone humide.

Golf International Barrière de La Baule.

L’eau, un cheval de bataille

Quand on vous dit que nos golfs font de gros efforts pour économiser et respecter l’eau, en voici un exemple. Vous connaissez certainement le golf de La Baule qui appartient au groupe Barrière. C’est une des plus grosses structures du pays avec pas moins de 45 trous sur 220 hectares. Et bien, il faut savoir que le golf s’autogère en eau. Aucune ponction n’est effectuée dans la nappe phréatique. Ce sont 14 plans d’eau, dont certains auront douloureusement marqué certaines de nos cartes, qui permettent aux équipes de Stéphane Marbœuf, le directeur, d’assurer une autonomie pour les besoins en eau des graminées de tous ses parcours.

Mais, la gestion de l’eau ne s’arrête pas là. Barrière a entamé une démarche de développement durable qui se traduit par de nombreuses actions au sein du groupe. On traque le gaspi jusque dans les moindres détails, si tant est que le nettoyage des machines soit un détail.

À La Baule, le golf vient de se doter d’une station de lavage pour ses machines. Imaginez 37 engins (différentes tondeuses pour les greens, avant-green, les départs, mais aussi les râteaux à bunker motorisés, les grosses tondeuses à fairways ou pour les rough et puis les tracteurs). Il faut compter de 10 à 20 min pour les nettoyer, en moyenne 450 litres d’eau par engin. Les calculs sont impressionnants. Selon la saison, on utilise de 137 à 526 m3 d’eau rien que pour laver les engins, soit un total de 771 000 litres par an.

La nouvelle station du golf de La Baule, recycle 4000 litres d’eau en permanence. Une fois utilisée cette eau est décantée, puis nettoyée de ses déchets de tonte, et renvoyée dans la station pour relaver à nouveau les machines. Ces 4000 litres d’eau ainsi réutilisés en permanence permettent d’économiser plus de 750 000 mètres cubes d’eau par an. Mais en plus l’eau est également débarrassée des effluents phytosanitaires qui sont éliminés. L’installation a coûté un peu plus de 70 K€ subventionnés à hauteur de 28 K€ par l’agence de l’eau Loire-Bretagne qui couvre le grand Ouest de la France. En matière d’eau,

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